Entete notre histoire.jpgFr Fernand BIBEAU

 

Fr Fernand J. A. BIBEAU

1932 - 2006

 

Venu rapidement en Côte d'Ivoire en 1961 à la demande de Mgr YAGO, nouvellement nommé Évêque d'Abidjan, il y aura finalement fait sa vie.

En effet sa mission commence à l'Externat Saint Paul que Mgr Yago considère à cette époque comme base pour l'édification d'un collège prenant les élèves de la Maternelle jusqu'à l'Université.

​Le projet démarre la première année par l'ouverture d'une classe de 6e et la 2e année par une 6e et une 5e. Vers la fin de l'année scolaire, les démarches pour démarrer les travaux de l'ajout de deux étages en vue du Secondaire sont concluantes. On affiche sur une pancarte le numéro d'autorisation de construire et le nom de l'entrepreneur ainsi que d'autres renseignements annonçant le projet. Malheureusement un monsieur bien informé, du Ministère de la Construction et de l'Urbanisme est venu signaler qu'à cet endroit un tel bâtiment ne pouvait être construit, le minimum autorisé par le plan d'urbanisme étant d'une dizaine d'étages.

 

Le beau projet s'arrêtait là. Les travaux de construction n'auront duré en tout et pour tout qu'une journée.

L'Externat Saint Paul continue donc comme avant et on regarde du côté des deux autres écoles catholiques de la ville, St-Michel d'Adjamé et St-Jean Bosco de Treichville pour l'implantation de ce nouveau collège. C'est ainsi que Treichville est choisi car à cet endroit l'école primaire était déjà sous la direction des Frères Marianistes, d'abord le Fr Henri VEYRET puis à ce moment- là, le Fr Jean-Marie LAROCHELLE. De la collaboration de l'Ecole Primaire St Jean Bosco et de l'Externat St-Paul finira par naître en 1966, le collège St-Jean Bosco. D'abord par la réalisation de la tranche concernant le bâtiment principal pour le premier cycle. Les plans de masse prévoyaient son expansion jusqu'à l'autre bout de la cour. Cela ne se fera finalement qu'en 1998, par la construction d'un bâtiment pour le second cycle.

 

Le Fr BIBEAU n'a pas été seulement directeur - bâtisseur, il a aussi été professeur de géographie et grand sportif.

Parallèlement à cela, le Fr BIBEAU consacrait une grande partie de ses occupations à l'informatique. C'est d'ailleurs ce qui a valu à St-Jean Bosco d'être informatisé dès la fin des années 70 ! De nombreux établissement à travers la Côte d'Ivoire ont également bénéficié de ses connaissances en informatique et utilisé pendant longtemps ses applications de gestion.

 

Messe à Notre Dame du Perpétuel SecoC'est donc à juste titre qu'à l'occasion de la célébration du 25e anniversaire en 1992, il sera décoré par le ministre de l'Education Nationale et élevé au rang de Commandeur dans l'Ordre du Mérite. Le Ministère des Sports suivra quelques années plus tard en le faisant Officier du Mérite Sportif.

 

Frère Fernand BIBEAU est rentré au Canada comme il en est venu, sans l'avoir voulu et sans l'avoir prévu. Un pays dont il ignorait tout mais qui est devenu sa seconde patrie. Comme lui- même le disait : Je ne savais vraiment rien de la Côte d'Ivoire...dans nos écoles canadiennes des années 40, le programme de géographie ne prévoyait vraiment rien sur cette partie de l'Afrique. Dans les ouvrages il y avait toute l'Afrique avec une moitié rouge, un beau rouge tout comme le Canada : c'était l'empire britannique dont le Canada était une colonie autonome à ce moment-là. Il y avait à l'intérieur, le Tanganyika, la Rhodésie, le Nigeria, le Gold Coast... cela on l'étudiait un peu. A côté de cela, il y avait de grandes étendues vertes ou jaunes : l'empire colonial français. Aucune importance : ce n'était pas au programme. On y voyait trois grandes régions : l'Afrique méditerranéenne, l'Afrique centrale et l'Afrique occidentale, avec à l'intérieur des traits noirs et des mots comme Dahomey, Togo, Côte d'Ivoire, Mali, Haute Volta...mais comme c'était écrit en tout petit et pas obligatoire, ironisait-il,  je ne l'ai pas étudié !

 

C'est donc en ce lieu inconnu qu'il devait se rendre pour y vivre une grande partie de sa vie. La grande aventure pour le Fr. BIBEAU, jeune religieux marianiste encore en formation commence quand un beau jour, ses supérieurs lui accordent une année d'études à Rome. Au lieu de prendre le bateau à Québec, il décide d'aller embarquer à New York, histoire de faire la grande traversée avec des copains américains qui eux aussi allaient pour leurs études religieuses en Europe au Séminaire. Ils y arrivent un jour avant et sont hébergés en communauté. Disposant d'un peu de temps avant le départ, ils décident de faire du tourisme dans cette grande ville, pleine de curiosités. Au moment de sortir du lieu d'hébergement, le portier remet au Canadien du groupe un numéro de téléphone qui va, par la suite, faire un véritable bouleversement dans sa vie.

Présentation d'un trophéeEn effet au téléphone, il apprend que le frère envoyé à Abidjan pour commencer la mission est gravement malade et comme au Canada, l'année scolaire va commencer, tout le monde est en poste il ne reste plus que lui pour aller en Afrique pour ce remplacement. « Et... c'est où ça... la Côte d'Ivoire demande-t-il à son interlocuteur ? ». « Tu vois, dit celui-ci : l'Afrique ça descend… ça descend et ensuite ça devient horizontal, c'est là la Côte d'Ivoire ! C'est ainsi qu'il est venu en Côte d'Ivoire pour commencer sa nouvelle vie. Cela s'est passé comme dans la chanson, dit-il: "je n'ai pas choisi, mais j'ai eu la plus belle." Grâce à l'atmosphère, à la cordialité et à la coopération, ce moment inattendu de l'annonce de cette nouvelle mission a été le début d'une longue et belle expérience qui durera 38 années. Hélas à la fin de l'année scolaire 1998, malgré les longtemps de repos qu'il était obligé de s'accorder, il sentait de plus en plus une grande fatigue. Un peu de vacances et ça ira se disait-il. Rentré au Canada il effectue des examens médicaux et apprend qu'il est atteint d'un cancer. Une forme très rare de cancer. Tellement rare qu'on n'a qu'une chance sur 250.000 de l'avoir. Comme il disait lui-même avec beaucoup d'humour, j'ai eu cette chance !

​Tous ceux qui, durant ces 38 années, ont travaillé avec le Fr BIBEAU soulignent parmi ses nombreuses qualités le grand humour et le calme dont il était fait. Toujours une note d'humour pour détendre une situation ou même pour faire passer une grande décision. En tout, il savait utiliser l'humour pour s'exprimer et cela lui réussissait bien. En terminant son discours à l'occasion de la fête organisée au moment de son départ pour le Canada, il disait : Les médecins m'ont dit que lorsqu'on a cette maladie, l'espérance de vie est de 5 ans en moyenne. Mais comme je l'ai toujours dit aux Boscovites : chercher à avoir juste la moyenne en classe c'est être lâche et paresseux. Le vrai boscovite vise toujours plus haut, il cherche à atteindre le maximum. Aussi, croyez-moi dans cette maladie je ne chercherai pas à vivre 5 ans mais bien plus, avec votre soutien et vos prières.

 

Eh bien, il aura réussi ce pari d’aller loin car il restera encore une dizaine d’années au Canada, près de la ville de Québec, sur le campus de Cap Rouge au sein d'une Communauté Marianiste. Il continuera ainsi à s'occuper de la maintenance informatique des logiciels de gestion d'établissement dont il est le concepteur et même à suivre quelques cours d’informatique.

Accueil du DNECLe Frère BIBEAU aura combattu tous les combats. Ceux d’aller au large en tant que missionnaire du Christ, ceux du chef avec son lot de soucis quotidiens pour conduire un établissement secondaire mais aussi ceux de l’homme bon, qui a souci de son prochain, de l’homme faible qui lutte contre ses faiblesses… contre la maladie. Pendant ces dix années, il aura lutté avec le secours et l’aide de la Vierge Marie pour gagner cet autre pari contre les médecins qui ne lui donnaient qu'un maximum de cinq années à vivre. Mais en bon boscovite et comme il le disait lui-même, « Tout ce qui mérite d'être fait, mérite d'être bien fait... jusqu'au bout ! ». Et il n’aura pas chômé à attendre la fin.

Ce vendredi 16 juin 2006, alors que nous étions en plein dans les préparatifs de la traditionnelle cérémonie de remise de prix aux élèves les plus méritants de l'année scolaire 2005 - 2006, la nouvelle du décès du Fr Fernand BIBEAU est tombée.

La Direction prévoit des cérémonies d'hommage à l'illustre disparu pour le week-end suivant. Finalement c'est aussi cette date qui est choisie au Canada pour les obsèques à Québec (Canada). Vendredi 24 juin, 11h00, le ciel est couvert néanmoins les préparatifs de la veillée du soir vont bon train. Tout est fin prêt.

20h00, tout peut commencer. Ils sont venus nombreux, religieux et religieuses, prêtres, professeurs et élèves, anciens et nouveaux. La cérémonie est simple et sobre à l'image de l’illustre disparu. Le programme est bâti sur le modèle de la récitation des vêpres. La veillée est dirigée par Fr Jérôme KANHOU et de jeunes marianistes du Scolasticat. Tout au long de la prière, passent en boucle des diapos où l’on peut voir des photos sorties tout droit des archives du collège mais aussi des albums photos du Personnel enseignant.

Fr BIBEAU à NDame du CapSamedi 25 juin au matin, même ambiance pour la messe. De nombreux prêtres, eux-mêmes anciens élèves de Saint Jean Bosco, mais aussi des collaborateurs du Fr BIBEAU. De nombreux anciens élèves, des parents sont aussi au nombre des présents pour cette messe. Le Père Rosaire est le célébrant principal. Au cours de son homélie, sortie directement de son «disque dur» car rien n’étant mis par écrit, il nous relate des bons souvenirs passés avec le Fr BIBEAU, ses dernières rencontres avec le fondateur lors de son passage quelques temps auparavant au pays, le tout à la lumière de l'Evangile.

 

A la fin de la cérémonie, de nombreux témoignages sont faits. Au cours du rafraîchissement offert, on a encore eu le temps de relater de bons souvenirs des moments passés ensemble.

 

Ces bons moments, des uns avec les autres méritent aussi de venir agrémenter l'histoire de notre établissement. Merci donc de nous faire parvenir par l'intermédiaire de ce site vos commentaires mais aussi le récit de certaines anecdotes au cours de votre passage à St Jean Bosco.

Dembélé Boniface 

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